top of page

N°72 Vol. 1 Juillet-Septembre 2021

Dernière mise à jour : 6 mai 2022

LA PRISE DE CONTRÔLE DES SOCIÉTÉS MINIÈRES IMPLANTÉES EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : IMBROGLIO SUR L’ACCORD PRÉALABLE DE L’ÉTAT


par Philippe MBUYAMBA TSHIBENJI

Description de l'auteur

Philippe MBUYAMBA TSHIBENJI

Doctorant en droits des affaires et des investissements à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Affilié à l’Institut de Recherche Juridique de la Sorbonne

Membre de l’Association Internationale de Droit Economique

Assistant d’enseignement à la Faculté de Droit

Membre du Département juridique au Cadastre minier

Master II en droit de l’environnement et de l’urbanisme de l’Université de Limoges

Diplômé interuniversitaire en droit des affaires de l’OHADA des Universités Paris II Panthéon-Assas et Sorbonne Paris Nord

Licencié en droit, option droit économique et social de l’Université Protestante au Congo

RESUME

Le présent article analyse les difficultés d’expression de l’accord préalable de l’État requis lors des opérations entraînant le changement de contrôle d’une société minière établie en RDC. Il est basé sur l’hypothèse selon laquelle ce type de contrôle peut revêtir une autre finalité recelant, outre la poursuite d’objectifs économiques, l’ambition de mettre en œuvre des politiques interventionnistes centrées sur la contribution d’un secteur d’activités considéré comme stratégique au développement du pays, avec une participation accrue des nationaux. Il s’agit d’opérations fréquentes dans la vie des entreprises, dont la liberté de mouvement et de restructuration participe au fonctionnement harmonieux de l’économie mondiale. Pour éviter qu’elles n’aboutissent à une situation de concentration préjudiciable à la concurrence, les États s’évertuent à les encadrer afin de préserver et sauvegarder l’ordre public économique. Bien que l’industrie minière représente un secteur important dans la croissance économique de la RDC, elle a souvent été disproportionnellement plus avantageuse pour les bénéficiaires réels des actifs miniers qui, se cachant derrière les sociétés mères et donneuses d’ordre, sont spécialisées dans la rentabilisation des opérations de restructuration et de ventes d’entreprises au niveau international. Face aux limites du droit commun des sociétés, le Code des investissements miniers a conditionné ces opérations à l’accord préalable de l’État sans cependant en déterminer l’autorité compétente, ce qui s’avérerait alors porter un coût dur à l’attractivité économique pour laquelle le pays ne cesse d’entreprendre des réformes.


MOTS-CLÉS : Accord préalable, parts sociales, sociétés minières, sociétés mères, fusion, cession de parts sociales, mines.


SUMMARY


This article analyzes the difficulties of expressing the prior agreement of the State during a change of control of a mining company established in the Democratic Republic of Congo. It is based on the hypothesis that states control of acquisitions and takeovers of companies may have another purpose, which, in addition to pursue economic objectives, is to implement interventionist policies focused on the contribution of a sector of activity considered strategic to the country's development, with increased participation by nationals. These are frequent operations in the life of companies, whose freedom of movement and restructuring contributes to the smooth functioning of the global economy. In order to prevent them from leading to a situation of concentration that is detrimental to competition, governments strive to regulate them in order to preserve and safeguard economic public order. Although the mining industry represents an important sector in the economic growth of the DRC, it has often been disproportionately more advantageous for the real beneficiaries of the extractive companies that are behind the parent and principal companies, specialized in making profitable restructuring operations and sales of companies at the international level. Counting on the unavoidable character with regard to its natural resources, the DRC has taken the risk of establishing the prior agreement of the State for all operations that lead to a change of control of a mining company, revising its legislation on mining investments and adding, in particular, the desire to use its geological position to influence certain minerals that it intends to subject to stricter rules because of their scarcity and importance in the global economy. This also concerns its desire to promote Congolese capitalism in a sector, however strategic for its economic and social development, dominated by foreign companies that it also intends to control and subject to special rules that derogate from common company law, which was then supplementary, particularly for the mining sector. This growing trend has resulted in more interventionism, not only underlined by a more rigorous supervision of the mining activity itself, but also by a control of movements and restructuring operations of companies leading to a change in their control, when the final stake amounts to the transfer of a fraction or all of the tangible and intangible assets and mining reserves belonging to the patrimony of the company established in the DRC. Faced with the limitations of common company law, the Mining Investment Code requires prior approval by the State for all such operations when they result in control of the mining company or the company on which it depends, without determining the authority empowered to do so, which would then prove to be a heavy cost to the economic attractiveness for which the country is constantly undertaking reforms.


KEYWORDS: Prior agreement, shares, mining companies, parent companies, merger, transfer of shares, mining.


Posts récents

Voir tout
N° 71 Vol. 1 Avril-Juin 2021

LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO EST MAL CONSTITUÉE par Didier-Pierre NDANGI BAZEBANZIA

 
 
 
N°73 Vol. 3 Octobre-Décembre 2021

APPROPRIATION DE LA PROTECTION DES DROITS DE L’ENFANT EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO par Révérende Sœur Marie-Bernard MUBADIDI ENGO

 
 
 

Commentaires


À propos de CADHD-DD 

Logo DH.jpg

Les Cahiers Africains des Droits de l’Homme et de la Démocratie ainsi que du Développement Durable, en sigle CADHD-DD, est une revue interdisciplinaire, créée depuis 1997 dont l’initiateur est le Professeur Bonaventure BIBOMBE MUAMBA (d’heureuse mémoire), premier Directeur du CRIDHAC.

 

En savoir plus

 

Recevez notre newsletter

Merci pour votre envoi !

Revue africaine interdisciplinaire indexée dans 

Logo DOAJ.jpg

CONTACTS :

Institut Africain des Droits de l'Homme et de la Démocratie (I.A.D.H.D.)

Faculté de Droit/Université de Kinshasa

Téléphones : (+243) 81 16 00 368

                                  81 81 46 590                   

Mail : recadhddd@gmail.com

République Démocratique du Congo

ARCHIVES

CC BY-NC 4.0 (Creative Commons Attribution-Non Commerciale)

bottom of page